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L'émission du 29 novembre 2006
Le dépistage par frottis a largement diminué la mortalité du cancer du col de l'utérus

Cancer du col de l'utérus

Le dépistage par frottis a largement diminué la mortalité du cancer du col de l'utérus Le cancer
du col de l'utérus qui touche 350 femmes par année provient d'une
infection virale qui est sexuellement transmissible. Le virus
(papillomavirus) s'élimine normalement tout seul chez les 80 pour
cent des femmes. Mais il peut rester latent des années durant pour
soudainement entraîner une pré-cancérose puis un cancer.





Le dépistage par frottis permet aux gynécologues de détecter tout
phénomène suspect de transformation des cellules qui tapissent le
col. Cet acte médical qui s'est généralisé en Suisse depuis de très
nombreuses années a permis de voir le nombre de décès largement
diminuer. S'il y a eu 238 morts en 1968, il n'y en avait plus que
88 en 2001 et ce nombre est aujourd'hui stable.

Un nouveau vaccin

Le nouveau vaccin contre le cancer du col de l'utérus L'arrivée du vaccin contre le cancer du
col va permettre d'empêcher tout risque d'infection.





Malheureusement, ce vaccin n'offrira pas une protection à 100 pour
cent, car il ne cible que les souches du virus HPV 16 et 18 qui
sont responsables de 70 pour cent des cancers. 30 pour cent des
tumeurs provenant des autres souches pourront donc toujours se
développer.





Autre limite du vaccin : on ne sait pas encore quelle sera la
durée de son effet. Pour l'instant les études ont démontré une
efficacité allant jusqu'à 4-5 ans. Mais après, faudra-t-il faire
des rappels ? La question reste ouverte.





Enfin le prix risque d'en dissuader plus d'un : pour l'heure le
vaccin est annoncé à un prix de vente d'environ 600 francs, sans
compter les frais de consultations médicales (il en faudra 3, car
le vaccin devrai être administré en 3 doses successives). Et il
n'est pas certain qu'il soit remboursé par la Lamal.





Un reportage de Françoise Ducret et Yves Pouliquen.

Peut-on gagner sa vie avec une machine à sous ?

La banque gagne !

Peut-on gagner sa vie avec une machine à sous ? On peut être joueur professionnel de poker ou
de PMU, en revanche, nul ne peut prétendre gagner sa vie avec une
machine à sous, une table de roulette ou un ticket de Tribolo. La
raison en est simple : même si chacun peut espérer décrocher le
jack pot, les jeux de hasard sont conçus pour qu'en définitive, les
joueurs finissent par perdre.





Mais cette réalité mathématique résiste mal à l'excitation du jeu,
quitte à miser jusqu'à y perdre sa chemise. C'est alors que la
morale s'en mêle. Jouer devient un vice, une honte et un malheur
pour les proches. Pourtant, on commence à comprendre que tout
perdre au jeu n'est justement pas une question de morale, mais de
maladie. On peut être accro au jeu, comme on l'est à l'alcool ou à
la cigarette.

Accro au hasard

Les joueurs finissent par perdre
Quand ils ne jouent pas, les accros du jeu ressemblent à tout le
monde. Aucun signe extérieur ne trahit la maladie. Pourtant, on
estime qu'en Suisse, au moins 50'000 personnes en
souffriraient.





Pour les spécialistes des addictions, le jeu n'aurait rien à
envier à l'alcool ou à la cocaïne en matière de dépendance. De
fait, pour de nombreuses personnes, jouer sur une machine à sous
stimulerait les mêmes mécanismes cérébraux que la prise d'une
drogue. Le cerveau serait en quelque sorte reprogrammé pour que
jouer deviennent aussi vital que manger ou dormir.





Mais contrairement à d'autres addictions, le jeu pathologique est
encore assimilé à un vice. Par conséquent, moins de 2% des joueurs
demandent l'aide d'un centre spécialisé. Le plus souvent, plutôt
qu'à un thérapeute, le joueur a affaire aux services de
désendettement ou à la prison. Après des années de jeu et de pertes
d'argent, rares sont les joueurs qui échappent à la dépression,
voire aux pensées suicidaires.

Une maladie qui rapporte

Explosion du marché des jeux Plus de
2 milliards de francs ! C'est la somme que les Suisses ont perdu
l'année dernière aux jeux d'argent. Ouverture des casinos, nouveaux
jeux de loterie, depuis 10 ans on assiste à une véritable explosion
du marché.





Cette frénésie de jeu fait plus d'un heureux. L'année dernière,
les casinos suisses ont versé près de 400 millions de francs sur le
compte de l'AVS. Quant à la Loterie romande, son soutien s'élève à
395 mille francs par jour. Dans les domaines de la culture ou de
l'aide sociale, on voit désormais mal comment des cantons,
confrontés à de graves difficultés financières, pourraient se
passer de cette manne.





Par conséquent, la Confédération et les cantons se trouvent dans
la position d'être à la fois les régulateurs du jeu et les premiers
bénéficiaires. Difficile dans ces conditions de prendre des mesures
réellement efficaces pour lutter contre le jeu pathologique.





Un reportage de Mario Fossati et Eric Bellot.