Burn out: quand le travail c'est plus la santé

L'émission du 1 novembre 2006

Le burn out fait de plus en plus de ravages en Suisse. On estime qu'entre 10 et 20 pour cent de la population active pourrait être touchée par cette maladie qui n'est pourtant pas encore reconnue comme une véritable affection psychiatrique ou comme une maladie professionnelle. Or les conséquences humaines et financières sont très lourdes pour la victime et pour l'employeur. Mais peu de monde en est réellement conscient.

image santé

Prix Suva des Médias 2007


Définition du burn out et personnes à risques

Les symptômes du burn out Le burn out est un épuisement professionnel. Les premiers symptômes passent souvent inaperçus, mais petit à petit le physique, puis le psychisme se dégradent jusqu'au jour où rien ne va plus. Le burn out affecte tout particulièrement les gens qui sont perfectionnistes, consciencieux, qui ne savent pas déléguer ou qui ont placé de trop fortes attentes dans leur travail. Certaines professions sont à haut risque, comme par exemple les soignants, les enseignants ou les policiers.


Le fonctionnement des entreprises en cause

Exercices de décontraction en entreprise S'il y a des fragilités individuelles dans cette pathologie, on découvre aujourd'hui que le système de fonctionnement de certaines entreprises génère du burn out. Parfois, c'est le poste de travail qui est malade et épuise tour à tour les collaborateurs qui l'occupent. Rares pourtant sont les entreprises qui acceptent de faire une autocritique et développent des concepts de prévention.


Massages assis en entreprise Comme l'absentéisme dû au burn out coûte très cher et cause des dégâts collatéraux ( le bun out est contagieux dans une équipe ), les entreprises auraient tout intérêt à ne plus faire l'autruche. Le problème est dû au tabou qui règne encore autour de cette maladie. Les victimes n'osent pas en parler car ils ont honte d'avoir craqué et les entreprises nient le phénomène qui mettrait en cause leurs systèmes de fonctionnement et de direction.

Une enquête pour 36,9 de Françoise Ducret et Yves Pouliquen


En savoir plus:


Livres

Burnout : quand le travail rend maladeBurnout : quand le travail rend malade

François Baumann

Ed. Josette Lyon, 2006


L'auteur a rencontré de nombreuses personnes présentant cette pathologie et souligne celles qui risquent d'y être exposées, les dangers qu'elles encourent et surtout la façon de s'en protéger. Des solutions concrètes, des pistes thérapeutiques ainsi qu'une réflexion sur la place du travail dans la vie sont proposées dans cet ouvrage.


Le burnout: Questions et réponsesLe burnout : Questions et réponses

Jacques Lafleur

Ed. logiques, 2006


Le monde du travail a changé. Si nous ne changeons pas, nous continuerons d'y vivre un stress énorme. Le changement s'impose pour ne pas négliger les choses importantes de notre vie et éviter ainsi le burnout. Ecrit par un psychologue, ce livre est avant tout concret et rempli de conseils pratiques. Ils s'adresse autant à ceux qui sont en brunout qu'à leur conjoint.


Vaincre le burnoutVaincre le burnout. Pour en finir avec l'épuisement professionnel !

Jacques Languirand

Ed. Stancké, 2002


Tout en étant une réflexion sur les causes du burnout, ce livre propose un art de vivre adapté aux exigences de notre époque - un concept qui permet d'intervenir activement dans sa vie et de se reprendre en main.


Le syndrome d'épuisement professionnel des soignantsLe syndrome d'épuisement professionnel des soignants

Pierre Canouï

Ed. Masson, 1998


Foire aux questions

C'est quoi le burn-out ?

Le burn-out est un syndrome d'épuisement professionnel, une réaction de l'organisme à un stress prolongé au travail. Il s'agit d'un processus lent. Le déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée s'accentue progressivement durant des années. L'extériorisation d'un burn-out est l'étape ultime de cette progression : les énergies du travailleur sont brûlées et il n'arrive plus à gérer les difficultés qu'il rencontre.

Est-ce que le burn out est une maladie ?

Oui. Pour que des solutions puissent être trouvées à temps il ne faut ni banaliser ni sous-évaluer un syndrome d'épuisement professionnel. Cela nécessite les conseils et l'accompagnement d'un professionnel. Le plus tôt est le mieux pour éviter qu'un burn out ne se transforme en dépression.

Qui est susceptible d'être touché par un burn out ?

Tout le monde et toutes les classes socio-économqiues. Toutefois, il y a des types de personnalités et des situations professionnelles plus à risques que d'autres.

Quelques cas types :

- Une personne qui ne contrôle pas son travail de manière autonome. Elle dépend d'un supérieur pour planifier et gérer sa journée mais ne sait jamais si ce qu'elle fait est bien ou non.

- Une personne confrontée à une charge de travail trop élevée et qui a le sentiment de ne jamais pouvoir remplir sa tâche de manière satisfaisante.

- Une personne dont le cahier des charges n'est pas clair et qui croit qu'on attend beaucoup plus d'elle que ce n'est le cas en réalité.

- Enfin, les perfectionnistes, les idéalistes, les personnes ambitieuses et celles qui ne savent pas déléguer courent des risques élevés de burnout.

Quels sont les premiers signes du burn out ?

- Epuisement physique, émotionnel et mental

- Fatigue chronique

- Douleurs somatiques

- Perte de l'humour

- Cynisme

- Sentiment d'impuissance

- Sentiment de désespoir

- Isolement

- Perte d'intérêt tant au niveau professionnel qu'au niveau personnel

- Réduction ou élimination de loisirs

- Manque de concentration et d'attention

- Problèmes de dos, céphalées répétées, problèmes cardiovasculaires

Comment prévenir un burn out ?

Une alimentation saine, de l'exercice physique, une abstinence au niveau du tabac, de l'alcool et des drogues permettent de diminuer fortement les risques d'être confronté à un burnout. Il est également important de prendre le temps de récupérer. Enfin, si la charge de travail devient trop importante, il faut le faire savoir à ses supérieurs hiérarchiques.

A qui s'adresser en cas de burn out ?

Le burn out est une maladie silencieuse, sournoise. Si vous pensez que vous pouvez être victime d'un syndrome d'épuisement professionnel, la première personne à consulter est votre médecin généraliste. Il pourra vous aider à trouver la thérapie adéquate et éventuellement vous aiguiller chez un psychiatre.

Que faire pour guérir d'un burn out ?

Dans la plupart des cas, il y a lieu de réfléchir très sérieusement aux rapports que l'on entretient avec son travail pour trouver de nouvelles valeurs qui ne conduisent plus à l'épuisement ou à la désillusion. Pour cela des thérapies cognitives et comportementales peuvent être bénéfiques.


Liens

Noburnout Une psychologue spécialisée dans le burn-out ça existe : pour que la prévention soit au centre de la réflexion à propos du syndrome d'épuisement professionnel. Vous avez dit stress ? Le stress est un phénomène en relation étroite avec le burn-out. Ce site propose un programme destiné à diminuer et prévenir le stress au travail. Burn-out en Suisse La plate-forme de l'information sur le burn-out en Suisse. Le burn-out au sein de l'entreprise Le burn-out n'est pas uniquement une question qui concerne l'individu. L'entreprise est aussi intéressée par le syndrome d'épuisement professionnel. Un site utile à consulter : soit par les employés soit par les cadres.


Le cordon ombilical, très riche en cellules souches

Le rôle des banques publiques

Manoeuvres commerciales autour du sang du cordon On s'est aperçu que le sang du cordon
ombilical est très riche en cellules souches sanguines, d'où l'idée
de le récupérer plutôt que de l'éliminer. L'opération a lieu après
la sortie du bébé. C'est comme un don de sang, sauf qu'il est
indolore et simple à effectuer.

Les premiers prélèvements ont commencé il y a moins de dix ans.
Le sang est stocké dans une banque de tissus publique. En Suisse,
il en existe une à Bâle et une à Genève. Un registre mondial permet
de trouver le meilleur donneur possible lorsqu'un malade en a
besoin. Le plus souvent en cas de leucémie. Le don de sang
foeto-placentaire est une alternative au don de moelle, qui
implique une anesthésie.





Il y a sur la planète quelque 10 millions de donneurs de moelle,
répertoriés dans un registre, auxquels s'ajoutent désormais les
échantillons de sang de cordon que l'on collecte depuis moins de 10
ans. Actuellement, 200 mille unités de sang sont ainsi conservées
dans l'azote liquide à travers le monde, à la disposition de
tous.





Avec ces cellules souches, on effectue deux types de
greffes:





1) allogénique: c'est-à-dire que le patient reçoit les cellules
souches sanguines d'un donneur.





2) autologue: le patient reçoit ses propres cellules.





Par chimiothérapie, on détruit les cellules sanguines cancéreuses,
mais les autres aussi. On injecte alors les cellules souches
sanguines du donneur qui vont reformer toute la lignée des cellules
sanguines. Le patient reçoit un nouveau système immunitaire.
L'avantage, c'est qu'il va attaquer les cellules cancéreuses.
L'inconvénient, c'est le risque de rejet. Ce risque n'existe pas
avec une greffe autologue, mais alors on n'a pas cet effet de
"greffe contre hôte" que l'on recherche pour éviter une rechute et
la réapparition de cellules cancéreuses.

Que faut-il penser du marketing des banques privées ?

Dans la majorité des leucémies de l'enfant qui nécessitent une greffe, on utilise les cellules souches sanguines d'un donneur Depuis quelques années des banques
de tissus privées font une intense publicité pour convaincre les
parents de stocker le sang du cordon de leur bébé chez elles,
moyennant une somme d'environ 3500 francs pour 20 ans.





L'existence de ces sociétés soulève de nombreux problèmes
éthiques.

Elles affirment qu'en cas de leucémie cela pourra sauver
l'enfant. Sans préciser:





1) Que, heureusement, c'est une maladie rare.





2) Que, comme dit précédemment, dans la majorité des leucémies on
pratique des greffes avec les cellules d'un donneur non-apparenté
pour des questions d'efficacité thérapeutique.





3) Que si la meilleure indication est une greffe autologue, il
existe toujours une alternative: même si l'enfant n'a pas ses
cellules sanguines stockées, on peut lui en prélever dans le sang
ou dans la moelle avant une chimiothérapie ou une irradiation par
exemple. C'est plus lourd, mais ça permet de disposer de cellules
fraîches et d'être certain d'en avoir en quantités
suffisantes.





4) En cas de maladie génétique, inutile de compter sur les
cellules souches autologues puisqu'elles sont également porteuses
de l'anomalie.





5) Les quantités de cellules souches hématopoïétiques que l'on
trouve dans le sang de cordon sont généralement insuffisantes pour
greffer un grand enfant ou un adulte.





Ces sociétés font également miroiter la possibilité d'utiliser ces
cellules pour régénérer des organes en cas de maladie ou
d'accident, par exemple après un infarctus ou une lésion de la
moelle épinière. Elles jouent sur l'espoir des parents et la vague
des nouvelles technologies. Mais surtout elles entretiennent
savamment la confusion entre cellules souches
sanguines et cellules souches
embryonnaires.





En effet:





1) Il n'y a aucune évidence scientifique pour dire que les
cellules du cordon puissent donner autre chose que des cellules
sanguines. On ne sait pas reprogrammer ces cellules pour qu'elles
se spécialisent en neurones ou en cellules cardiaques, et rien ne
permet de dire que ce sera possible un jour.





2) Rien n'indique qu'on puisse les utiliser pour réparer notre
cerveau ou notre cœur lorsqu'on aura un problème d'infarctus, 60
ans après les avoir stockées. Ni même qu'elles soient encore
utilisables après tant d'années passées dans l'azote liquide.





En fait, le véritable espoir de la médecine régénérative, ce sont
les cellules souches d'embryon humain. Elles son totipotentes,
c'est-à-dire qu'elles sont capables de se différencier dans tous
les tissus de notre organisme: peau, squelette, muscles, neurones,
sang, etc.





Mais on n'en est qu'au début de la recherche pour savoir comment
elles peuvent se spécialiser dans tous les types cellulaires de
notre corps.

Miser sur la recherche et la solidarité

Banque publique et registre mondial: des cellules souches sanguines à la disposition de tous. En
résumé, la banque publique c'est la meilleure solution pour guérir
aujourd'hui des maladies comme la leucémie. La prolifération de
banques privées risque de mettre en péril la solidarité biologique
qui existe aujourd'hui grâce au don gratuit.





Mais surtout l'argent encaissé par ces banques privées, c'est de
l'argent qui n'ira pas à la recherche, puisque ces sociétés ne
financent pas les chercheurs qui travaillent sur les cellules
souches. Elles ne font rien pour que leurs belles promesses se
réalisent un jour. Elles ne font que stocker le matériel biologique
des bébés de leurs clients contre rémunération.

En Suisse, deux banques ont obtenu l'autorisation de stocker à
but privé. L'une est basée au Tessin et l'autre à Lausanne. Elles
se livrent à une intense campagne de marketing auprès des
gynécologues. Ces derniers devraient protéger leurs patientes
contre la propagande de ces sociétés privées. Pourtant, c'est très
souvent dans leur salles d'attente qu'elles tombent sur la
publicité de ces entreprises, posée sur le guéridon entre le
dépliant sur le dépistage du cancer du sein et celui de la
gymnastique maman-bébé.





La Société Suisse de Gynécologie et d'Obstétrique recommande
pourtant à ses membres la prudence vis à vis des banques privées
dont l'utilité n'a pas pu être démontrée pour l'instant.





Le British médical journal va encore plus loin engageant les
maternités à ne pas encourager le prélèvement de sang de cordon
pour le compte de ces banques privées.





Le Conseil d'Ethique Clinique des Hôpitaux Universitaires de
Genève recommande d'ailleurs également aux gynécologues de ne pas
accepter de faire de prélèvements de sang de cordon pour des
banques commerciales telles qu'elles se présentent
actuellement.

Isabelle Moncada et Bernard Novet ont suivi pour vous la piste
du cordon.

Adresse utile

Banque de sang foeto-placentaire





Hôpitaux Universitaires de Genève





rue Micheli-du-Crest 24





1205 Genève GE





Tél. 022 / 372 98 59