36.9° Magazine santé [RTS]

- Implants, prothèses, lentilles : gros soucis ! - Distilbène : un héritage empoisonné

L'émission du 2 mai 2012

Implants, prothèses, lentilles: gros soucis!

Les possibilités de réparer et même d'améliorer l'humain se multiplient. Cristallin artificiel, implants dentaires, pacemaker, valves cardiaques, articulations de hanche, implants mammaires… Qui surveille la qualité des dispositifs médicaux implantables? Comment les médecins choisissent-ils une marque? Comment la sécurité de ces biomatériaux est-elle garantie? Une enquête passionnante qui se focalise tout particulièrement sur la lentille de contact.

Les adolescents souvent victimes d'infections de l'oeil. [RTS]

Alors que des millions de personnes à travers le monde
portent chaque jour des lentilles optiques, celles-ci provoquent parfois des infections de l'oeil. Souvent observées chez des jeunes de moins de 30 ans ou des ados, elles sont dûes à un manque d'hygiène, mais pas seulement...


Les adolescents souvent victimes d'infections de l'oeil. [RTS]Sur le site de Swissmedic, on apprend ainsi qu’il y a régulièrement
des rappels de lentilles défectueuses. Si le motif de ces retraits n’est pas toujours
détaillé, la présence de résidus de silicone apparaît comme une cause récurrente.
D'après les spécialistes, les lentilles
qui sont fabriquées à la chaîne présente le risque de voir des débris de silicone se déposer dans les emballages. Si la lentille pas
parfaitement lisse, elle peut provoquer des micro-lésions sur l'oeil.
Pour un rappel volontaire publié, combien de
lentilles défectueuses se retrouvent en circulation? Pour garantir la sécurité de ces produits, on exige
beaucoup des professionnels de la santé et des utilisateurs qui doivent
respecter les consignes de manipulation et d’hygiène strictes. On est beaucoup moins
attentif à ce qui se passe chez les fabricants. En Suisse comme dans le reste de l'Europe la surveillance
est déléguée à des organisme de certification privés. Seul problème: l’auto-contrôle ne
permet pas de distinguer une entreprise sérieuse de ses concurrents moins
regardant sur la qualité. 



Un reportage d'Isabelle Moncada et Ventura Samarra


Distilbène: un héritage empoisonné

Un oestrogène de synthèse, le distilbène, a été largement prescrit aux femmes enceintes entre les années 1948 et 1977. Ce médicament, censé éviter les fausses couches, s'est non seulement révélé inutile, mais a généré des malformations, des accouchements prématurés et des problèmes de santé importants non seulement chez les enfants, mais chez les petits-enfants des femmes à qui il avait été prescrit.

Le Distilbène fut distribué aux femmes enceintes entre 1950 et 1977 pour éviter les fausses couches. [Miguel Medina - AFP]

Le distilbène c’est l’histoire d’un oestrogène de synthèse  qui est  donné  après la deuxième guerre mondiale  pour empêcher les fausses couches. Les médecins y croient tellement qu’ils le prescrivent à titre préventif. Pourtant, en 1953 déjà, des premières études montrent son inefficacité. En  1971,  la FDA (L'agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux) recommande de ne plus l’utiliser car des liens avec des cancers ont été établis.

Le Distilbène fut distribué aux femmes enceintes entre 1950 et 1977 pour éviter les fausses couches. [Miguel Medina - AFP]Le distilbène reste toutefois sur le marché jusqu’en 1977. Aux Etats-Unis et en Europe, 12 millions de femmes vont prendre cette hormone considérée comme miraculeuse. En  Suisse, le distilbène  est commercialisé sous 7 noms différents. 
L'oestrogène de synthèse provoque ainsi des malformations de l’utérus chez les filles et accroît le risque d'hypospadias, une anomalie de la fermeture de l’urètre sur la verge des garçons. Un signe de féminisation. Les  modifications chimiques sur les gènes vont être transmises aux  petits enfants puis aux arrières petits enfants,  même si ces derniers n’ont pas été exposés directement in utero.
Chez l'être humain, on ignore pour l'instant si les effets s’estompent avec le temps. Chez l’animal, le recul premet de distinguer des problèmes jusqu’à la sixième génération. Autre problème: le distilbène pourrait être à  l’origine de certains troubles psychologiques ou de certaines pathologies psychiatrique.


Une enquête de Françoise Ducret et Gerard Louvin.