Recherche villageois désespérément Erythrée, enquête au pays des travaux forcés

L'émission du 17 mai 2018

Recherche villageois désespérément

La montagne on l’aime tous mais pour y vivre c’est une autre histoire. La preuve, plus de 80% de la population en Suisse habite en plaine. Depuis la moitié du siècle dernier, nos villages de montagne se dépeuplent. Parce que l’agriculture en altitude disparaît, parce qu’il n’y a pas d’emplois sur place et peu de logements. La situation est particulièrement aigüe au Tessin mais elle est aussi préoccupante en Valais. Temps Présent est allé prendre le pouls de ces villages en fin de vie.

Temps présent [RTS]

En 1973 déjà, Temps Présent s’était rendu dans le val d’Onsernone, une vallée escarpée au-dessus de Locarno pour rendre compte de cette désertification. 45 ans après, nous y sommes retournés et la situation est encore plus dramatique. L’agriculture de montagne a quasi disparu, il ne reste plus qu’une seule école pour toute la vallée et encore elle pourrait bien fermer dans les prochaines années faute d’enfants.

Comment lutter contre ce lent exode? Dans le val d’Onsernone, un projet pilote de la Confédération mise sur le tourisme. D’autres communes valaisannes, qui elles ont plus d’argent, ont déployé les gros moyens. Bourg-Saint-Pierre en dessous du col du Grand Saint Bernard dépense 400'000 francs par année pour attirer des nouveaux résidents avec des familles. Quant à la commune de Saint-Martin dans le val d’Hérens, elle a choisi d’investir dans une maison des générations. L’idée étant de permettre aux aînés de rester au village pour leur retraite plutôt que de partir en EMS. Bref toutes ces communes luttent pour qu’il y ait une vie après la mort dans leur vallée.

Rediffusion le vendredi 18 mai 2018 à 11h15 et lundi 21 mai 2018 à 15h00 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Laurence Gemperle
    Image : Walter Hug Son : Patrick Ponci Montage : Catherine Kala

Erythrée, enquête au pays des travaux forcés

L’Erythrée fait partie des pays les plus fermés au monde, on le connaît surtout à cause des nombreux migrants qui viennent en Suisse depuis des années. Une équipe de Temps Présent a pu se rendre sur place, sans escorte, une opportunité rare de comprendre sur le terrain les raisons de l’exode des jeunes. Ce reportage a dû se plier aux exigences d’une surveillance extrême : prononcer le mot liberté en Erythrée est déjà un signe subversif et le risque de rétorsion est énorme.

Erythrée, enquête au pays des travaux forcés

L’Erythrée se vide de ses forces vives et cela se voit. A l’autre bout de la chaîne migratoire, certains pays d’accueil débordés par l'afflux de ces jeunes requérants ont durci leur politique d’asile. C’est le cas de la Suisse depuis un peu plus d’un an. Décidée à agir dans ce dossier, la Confédération a repris à l’essai la coopération au développement, stoppée depuis plus de dix ans. Le ministre des affaires étrangères, Ignacio Cassis, serait même prêt à se rendre sur place, une démarche qui soulève la controverse.

Car personne ne sait ce qui se passe vraiment en Erythrée. Nos visas, accordés à l’occasion de l’inauguration d’un bâtiment hospitalier soutenu par des fonds allemands et suisses, nous ont permis d’enquêter dans les institutions de santé du pays. L'approche des gens n’a pas été facile, la liberté d’expression n’existe pas là-bas et il fallait protéger nos interlocuteurs des retombées d’un régime considéré par des organisations de défense des droits de l’homme comme l’une des dictatures les plus brutales au monde.

Notre reportage le montre, tout le pays fonctionne avec des jeunes soumis au service du régime d’Asmara. Dès l’âge de 17 ans, tous les garçons et filles sont mobilisés pour une durée illimitée et doivent travailler là où le gouvernement les assigne pour un salaire insuffisant pour vivre même en Erythrée. Un système proche des travaux forcés.

Rediffusion le vendredi 18 mai 2018 à 11h15 et lundi 21 mai 2018 à 15h00 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Isabelle Ducret
    Image : Erwan Jagut Son : Henri Michiels Montage : Valérie Weyer